Les titres de la saison 2009-2010
| La java
du caniveau | Les Escrocs, héritiers de la chanson contestataire poétique à la Brassens, décortiquent inlassablement les travers de la vie quotidienne, du voisin de palier à la mondialisation. On les connaît grâce à leur seul tube, Assedic ("Faites vous des amis",1994), morceau phare qui propulse le groupe sur les ondes radiophoniques. En 2002, dans la veine satirique d'un Boby Lapointe ou d'un Pierre Vassiliu, le trio insolite à la gouaille franchouillarde sort son troisième album, "Six pieds sur terre" (dans lequel on peut entendre La java du caniveau), analyse sociologique moderne qui se penche sur les faiblesses de la condition humaine. Eric Toulis, le chanteur, auteur et compositeur principal des Escrocs se produit désormais sous son nom propre ; en 2006, il sort son 2ème album "Soyons classe" et depuis, sillone les route en éclaireur de conscience, montreur du doigt et grande gueule attendrie ... A découvrir de toute urgence ! |
| Egomane | |
| J’ai eu
trente ans | En 1978 paraît l'album de Julien Clerc "Jaloux" sur lequel figure le magnifique J'ai eu trente ans qu'a écrit pour lui son ami (du même âge) Maxime Le Forestier, sur une musique du guitariste Gérard Kawczynski, alias Krapou. Maxime écrira d'autres textes intimes que Julien mettra personnellement en musique, pour autant de sublimes réussites que l'un ou l'autre chanteront : Amis, Quitter l'enfance, Restons amants ... Pour ce qui est de J'ai eu trente ans, Maxime en a donné avec Maurane une très belle version en 1993 pour l'album de l'association "Sol en Si" et aussi bien Julien que lui continuent à la chanter ... bien après leur trente ans. |
| Casseroles
et faussets | Juliette est une fille qui en a dans le gosier. Des vérités pas toujours bonnes à dire mais si réjouissantes à chanter ... C'est en 2008 qu'elle nous revient avec ses beaux "Bijoux et babioles", titre rutilant d'un disque qui ressemble à un vrai feu d'artifice de sons, au bouquet final de chansons orchestrées comme des opéras de poche. Casseroles et faussets rend hommage à toutes celles et tout ceux qui ont toujours pensé sans jamais oser le dire que le gène de la justesse vocale n'est pas forcement celui de l'ambition ... Dans le second couplet, Juliette évoque la soprano "milliardaire américaine" Florence Foster Jenkins (1868-1944), persuadée de son talent extraordinaire malgré son incapacité totale à chanter correctement. Edourd Lalo (1823-1892) et Léo Delibes (1836-1891) quant à eux sont deux compositeurs français parfaitement compétents. Par contre, il n'est nullement besoin de presenter Assurancetourix, le fameux barde gaulois, ni Jean-Baptiste Lully (1632-1687), surintendant de la musique du Roi Soleil ... |
| La
tactique du gendarme - Paroles Bourvil & Lionel Leplat Musique Etienne Lorin - Harmonisation Brice Baillon | Ni monstre ni sacré, André Raimbourg, alias Bourvil (en référence à son village d'enfance en Normandie, Bourville), a toute sa vie dessiné avec rigueur les contours d'un personnage ordinaire, tantôt simplet, tantôt matois mais toujours respectable. Il a incarné sous différents aspects le brave homme qui doit convaincre et triompher par son honnêteté, sa franchise, son astuce. En 1949, c'est lui qui prend le rôle du gendarme Léon Ménard dans le 4ème film d'André Berthomieu Le Roi Pandore, dont La tactique du gendarme sera la chanson phare. A travers ses personnages, peut-être a-t-il trop forcé l'indulgence envers l'imbécilité, mais il voyait en celle-ci un moindre mal que le cynisme, l'hypocrisie ou l'injustice ... Tant pis pour ceux qui font des simples d'esprit un objet facile de dérision, c'est d'avantage contre ce mépris que luttait André Bourvil. |
| Qu’est-ce
que tu voulais que j’lui dise ? | Avec cette chanson tirée de son album intitulé "Reprise des négociations" sorti en 2005, Bénabar trouve les mots justes pour nous émouvoir. Une chanson sur l'exclusion et la solitude, bouleversante et sublime, à interpréter avec beaucoup de sincérité ! |
| Souris
souris - P&M Franck Monnet - Harmonisation Rémy Galichet | Ce titre est l'un des ressorts du livre-disque "Quand on arrive à Malidor", publié par Actes-Sud Junior en 2007. L'esprit de Mary Poppins plane sur le refrain résolument optimiste : il est recommandé de fredonner Souris Souris au petit déjeuner, lorsque le temps est gris-souris justement. Pour les curieux, les illustrations du conte, réalisées par Vanessa Hié, sont au diapason. Et pour ceux qui voudraient explorer encore plus avant l'univers fascinant de Franck Monnet auteur-compositeur-interprète, il faut partir à la découverte de ses albums "Playa", "Les embellies", "Au grand jour" ou le petit dernier "Malidor" ... ou, parcourir son site internet www.franckmonnet.net ! |
| Le fil | Souchon, homme fragile, tendre, mélancolique et engagé, sort en 1993 un de ces albums les plus populaires, "C'est déjà ça". Il recèle des tubes aussitôt adoptés comme des standards : qui ne connaît pas Foule sentimentale, L'amour à la machine ou Sous les jupes des filles ? Nous y retrouvons également Le fil, chanson au texte poétique et humaniste écrit par Alain, qui aborde la thématique de l'amour entre les êtres humains : les coeurs des Hommes sont reliés entre eux par un "fil enchanté" ... Et pour la première fois (et pas la dernière), Pierre Souchon, son fils signe la musique ! Une collaboration familiale réussie ! |
| Les
tuniques bleues et les indiens | Si Eddy Mitchell (qui signe ses textes de son "vrai" nom, Claude Moine) porte souvent un regard distancié voire cynique sur la société, peu de chansons de son répertoire sont aussi frontales ou désespérées que Les tuniques bleues et les indiens, sortie en 1996 dans l'album "Mr. Eddy". Un véritable cri du cœur exprimant toute la détresse d'un homme révolté contre la cruauté dont se montre capable sa propre espèce, à toutes les époques et sous toutes les lattitudes, et que l'amateur de western, pas dupe, symbolise au travers du génocide indien. Rarement a-t-on l'occasion d'être aussi proche du fond de l'âme d'Eddy que dans cette chanson à la fois dure et magnifique ... |
| Ne me demande pas | Depuis ses débuts en 1993, Clarika, avec son complice Jean-Jacques Nyssen, a été parmi les précurseurs de la "nouvelle scène française", comme en témoigne son prix de meilleur jeune auteur aux Francofolies 1998. Avec sa discographie riche aujourd'hui de cinq albums, elle continue sa carrière sur scène et en studio, un peu à l'ombre des projecteurs hasardeux des médias et de la célébrité. Ses textes sont insolents ; on peut les croire légers mais ils cachent une poésie juste qui fait mouche, quels que soient les sujets qu'elle aborde. Dans Ne me demande pas, paru sur l'album "Joker" en 2008, c'est au mariage que s'en prend Clarika, avec comme armes l'énumération loufoque des désirs de l'autre et une variation rock délirante dans les refrains. |
| Parachute doré - Paroles Alain Souchon & David Mc Neil Musique Alain Souchon & Pierre Souchon - Harmonisation Martin Le Ray | Incontournable
troubadour de la chanson française, Alain Souchon fait courir sa plume
poétique depuis le milieu des années 70. Toujours proche de l'actualité
sans se dire "engagé", il signe fin 2008l'album "Ecoutez d'où ma peine
vient" et évoque parmi dix chansons l'échec des années Flower Power (Rêveur), l'immigration illégale (Elle danse), ou encore cette chanson Popopo qui évoque avec ironie Ernesto Guevara (seule collaboration avec son ami et complice Laurent Voulzy sur cet album). Parachute doré, titre qui a eu la particularité d'avoir pu être téléchargé légalement et gratuitement sur le site de l'artiste avant la sortie de l'album, est une véritable dénonciation des excès du monde capitaliste, et de ses dérives en matière d'indemnisation des grands patrons. Et malgré la gravité du sujet, on retrouve une chanson toute "souchonnesque", empreinte d'humour, de légèreté et de poésie. |
| Petit bonhomme | Les Wriggles sont un groupe à part dans le paysage de la chanson française : clowns tantôt tendres, tantôt cyniques, polyphonistes chevronnés, ils ont réussi à conquérir depuis 1995 un public large et fidèle. Quintet jusqu'en 2006, trio depuis, Les Wriggles ont néanmoins grandi et leur dernier album "Tant pis ! ... Tant mieux !", sorti en 2007, reflète une maturité qui ne laisse heureusement pas la fantaisie au placard. Ils dépeignent les scènes de la vie quotidienne avec un humour décalé et décapant (Fantasme sur la masturbation, ou encore CRS qui évoque la tendresse méconnue de nos policiers ...) mais aussi avec gravité et simplicité (Désolé mémée qui décrit le regard de l'enfant face à la solitude de sa grand-mère) comme dans Petit bonhomme. Chanson "de femme", lourde de sens et d'émotion, signée par le talentueux Stéphane Gourdon (qui sévit également en solo sous le nom de Noof), ce texte aborde à la fois la peine d'une mère face à la mort de son enfant, et le constat amer d'un destin qui a tragiquement dévié vers la violence extrême. |